Béjaïa : les craintes des habitants des vieux quartiers à l’arrivée de l’hiver
28 Aug, 2014

 

Dés que l’hiver pointe du nez, les habitants des vieux quartiers de la ville de Béjaïa appréhendent le pire. Et pour cause, bon nombre de leurs maison construites à l’époque coloniale sur des vestiges romaines comme c’est le cas dans le quartier de Bab El Louz menacent ruine à tout moment. 
 
Pour rappel, pendant les derniers orages qu’a connus la région à la fin du mois d’août dernier, pratiquement toutes les maisons ont connu des infiltrations des eaux pluviales à tel point qu’il a fallu l’intervention des services de la Protection civile pour pouvoir procéder à l’évacuation des eaux. Et pourtant, des promesses de réfection ont été avancées en faveur du vieux bâti de l’ancienne ville de l’ancienne capitale des Hammadites. D’autre part, la situation dans l’ancien bâti empire davantage pendant l’hiver, ce qui préoccupe, aussi bien leurs occupants que les responsables locaux. A cet effet, un plan de sauvetage a été décidé récemment en faveur de ce vieux bâti dépourvu, en grande partie, de toutes commodités urbaines. Celle du gaz semble relever du luxe aux yeux de plusieurs chefs de familles rencontrés sur site. Cependant, ce vieux tissu reste au regard de peu de citadins nostalgiques et beaucoup de spécialistes en urbanisme comme étantl’âme de Béjaïa avec une architecture passant du style ottoman à celui de l’époque coloniale. Un plan qui devait être financer en parie par l’Unesco et par la collectivité locale. «On ne connait même pas le sort réservé à cet argent». Avouent certains architectes de la région qui se disent au passage ne pas être au courant si cet argent existe ou non. La deuxième promesse date, elle, de l’année dernière lors de la visite de l’ex-ministre de l’Habitat, Nouredine Kara à Béjaïa qui a fait une virée dans l’ancienne ville, promettant également un plan d’urgence pour sauver ce vieux bâti. Des ex-élus locaux nous ont affirmé que jusqu’à aujourd’hui, aucune enveloppe n’a été dégagée par le ministère de l’Habitat dans le cadre de la réfection promise par l’ex-ministre. Cet hiver sera encore une fois une autre rude épreuve que devront subir les habitants de ces anciens quartiers, en attendant cette enveloppe financière promise l’année dernière, mais également celle datant d’il y a douze ans. «Nous avons attendu qu’on soit recasés ou bénéficier de logement social, mais nous avons cette impression que nous sommes les oubliés de cette ville». Regrettent quelques habitants de ce quartier de Bab Louz avec qui nous avons discuté. Même son de cloche chez les habitants du quartier de la rue du vieillard datant de l’époque coloniale dont bon nombre d’immeubles connaissent de graves fissurations à tel point qu’il est devenu dangereux de passer sous les balcons à cause des chutes de pans de pierre. D’autres habitants du quartier de sidi Ouali nous ont contactés pour exposer un problème lié aux infiltrations des eaux pluviales à travers plusieurs habitations.  «Tous ceux qui habitent au dernier étage subissent ce genre d’habitation durant les pluies et nous sommes obligés de placer des bassines dans nos appartements qui ne dépassent pas les 40 m2 construits dans le cadre du plan de Constantine en 1959». Nous dira l’un des représentants de ce quartier, situé sur les hauteurs de la ville de Béjaïa. L’autre quartier, tracé également au rouge, est celui de Sidi Soufi, par rapport à une mosquée construite dans ce même quartier, il ya de cela des siècles. Lors de notre virée à travers ce vieux quartier, nous avons constaté que la majorité des maisons étaient lézardés. «Les pouvoirs publics doivent nous aider à refaire nos maison, à défaut de nous octroyer un logement social», suggèrent les habitants de ce quartier de Sidi Soufi. Au niveau du quartier connu sous l’appellation de Houmat Karamane, jadis habitée par la communauté juive d’Algérie, nous étions frappés de stupeur en voyant que l’un des immeubles tient carrément sur le fil du rasoir. L’un des habitants qui nous avait invités à voir de visu son habitation, nous a auparavant avertis de savoir où mettre les pieds. «Ici, vous n’avez pas intérêt à roder le soir, car il existe plein de trous pour arriver jusqu’à votre logement qui, lui aussi, n’est pas dans une situation qui incite confiance». Ironise malgré tout Hakim, l’un des habitants de cet immeuble faisant face au CEM Ibn Badis. Une chose est sûre, c’est pratiquement l’ensemble de cette ancienne ville qui nécessite ce plan de sauvetage, car le pire est à craindre. 
 Hassan. Boubekeur.