Combat pour l’obtention de la nationalité algérienne : «Je veux être algérien»
31 Jul, 2014

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Mon journal - Quotidien national d’Information

 

C'est l'histoire de Jean Michel Pascal, un petit gars du "Rocher" qui a bien grandi. Certains s'y reconnaîtront, d'autres comprendront peut-être mieux ce qui s'est réellement passé, ce qui se passe de l'autre côté de la méditerranée.En 1962, personne ne m'a demandé mon avis, comme pour beaucoup d'autres adolescents il n'y avait rien à comprendre, rien à demander. 
C'était dans l'air du temps, tout le monde, ou presque, ne pensait qu'à une chose : partir ! Pourquoi ? Essentiellement, parce que la déception était énorme, la peur de l'après indépendance était la plus forte et, ce qu'on appelait les Pieds Noirs étaient persuadés qu'ils ne pourraient désormais plus vivre avec la communauté arabe. Et pourtant...
 
Aujourd'hui, avec le recul, une meilleure connaissance des faits, à l'abri de l'intox, on réalise combien cet exode était infondé parce que provoqué par les extrémistes de l’Algérie française. Et pourtant... je me souviens, lorsque mes frères arabes étaient dans la rue en liesse pour fêter leur indépendance, je me souviens que nous étions enfermés chez nous, stupidement inquiets, plus décidés que jamais à partir…Qu'aurais-je fait si j'avais été en âge de décider ?  Ça je ne le saurai jamais ! Il me faut vivre avec cette interrogation et le sentiment d'avoir été privé de mon Pays, de ma terre natale, de ma ville, de cette belle Cirta, de Ksentina fièrement perchée sur son rocher, avec son Rhumel qui la transperce et ses multiples ponts qui sont un des charmes de cette ville dont on parle trop peu. Il n'y a pas de hasard. Sans doute fallait-il attendre la maturité pour passer à l'acte et profiter d'autres retours qui revêtent un vrai travail de quête pour faire le bilan, retrouver des émotions, des moments, des êtres ! Mais l y a plus que cela. Après trois retours en Algérie, j'ai dépassé le cadre des souvenirs retrouvés ou perdus. Aujourd'hui, si je retourne au bled, c'est que j'en ai besoin pour vivre mon pays et faire le plus de choses possibles pour lui et avec lui. Je me projette dans l'avenir de ce pays et, à travers mes retours que je voudrais être annuels, dans ma ville de Constantine, je tente de garder le lien, d'être en phase avec l'actualité algérienne et de contribuer, à mon niveau, au futur de ma terre natale. J'ai en effet besoin de parler de ma terre natale, tellement l'éloignement m'est pénible. 2006 et 2007, ne m'ont malheureusement pas permis de retrouver ma ville, au rythme d'un mois tous les ans. Vraisemblablement, il en sera de même pour 2008... Heureusement que les amis sur place, avec qui je maintiens le contact, m'aident à supporter cette douloureuse séparation. je mène un projet d'écriture d'un ouvrage intitulé "Passeport pour mon Pays". Je contnue mes démarches pour obtenir la nationalité algérienne et je dois dire que c'est un long parcourt du combattant parsemé d'embûches, de difficultés, d'incompréhensions, de frustrations, de désillusions et de colère. Malgré tout, je tiens bon le cap et une prochaine contribution fera le point sur cette question.
 
Une aventure sans fin ?
Cette aventure commence en le 23 novembre 2004, après mon séjour du mois de mai. Je m'adressais alors au ministre de la justice algérienne et à l'ambassadeur d'Algérie à Paris, en ces termes : "« Je suis né le 25 juin 1948 à Constantine et j’ai quitté ma terre natale en Août 1962. Depuis, j’ai effectué 2 séjours en Algérie. Le premier en 1984, à Alger et Constantine et le second, très récemment, tout le mois de mai 2004 à Constantine. Passé 57 ans, j’ai pris la décision de demander la nationalité algérienne, car je considère que ma terre natale est mon Pays et qu’à l’époque où j’ai été expatrié je n’avais pas le choix et, les années passant, il me semble temps de mettre fin à une situation que je n’ai jamais souhaitée et que je ne supporte plus. À la retraite depuis septembre 2003, je peux à présent me rapprocher plus encore de mon pays et de ma ville, Constantine, je peux enfin venir plus souvent partager la vie de mes frères algériens.Avant de terminer ma vie, je voudrais inscrire ce symbole, afin que mes enfants et petits enfants se souviennent que c’est la fraternité qui fait la richesse des hommes et des femmes qui vivent sur cette Terre. Pouvez-vous me faire savoir les droits et les devoirs de quelqu’un qui obtient la nationalité algérienne et les démarches qu’il me faut entreprendre, ainsi que le délai d’obtention, dans le cas d’une réponse positive ?J’ajoute que, dans le cas où cette nationalité me serait accordée, je compte me rendre à Alger pour retirer les pièces officielles attestant de ma nouvelle nationalité. Dans l’attente de votre réponse, que j’espère prochaine, soyez assuré, Monsieur le Ministre, de l’expression de mes sentiments respectueux et de mon attachement indéfectible en l’Algérie." N'ayant pas de réponse, le 18 février 2006, je m'adressais à nouveaux aux mêmes personnalités. Après avoir rappelé mon premier courrier, j'ajoutais : "Permettez-moi d’insister pour vous dire combien mon questionnement n’a pas varié et surtout combien ma motivation de devenir citoyen algérien s’est renforcée, avec plus de force encore à l’occasion des derniers évènements.     Je vous précise enfin que je serai à nouveau sur le territoire algérien en septembre prochain, à l’occasion de mon retour annuel à Constantine. C’est dire que je serais tout à fait à même de me rendre à Alger pour satisfaire à toute démarche administrative.Dans l’attente de votre réponse, que j’espère prochaine, soyez assuré, Monsieur le Ministre, de l’expression de mes sentiments respectueux et de mon attachement indéfectible en l’Algérie." Je reçu enfin une réponse lapidaire qui m'indiquait les articles du code de la nationalité auxquels je devais me référer pour prétendre à la nationalité algérienne. Le 8 juillet 2006, je reprenais ma plume et m'adressais encore à mes deux interlocuteurs : "Par le présent courrier, j’accuse bonne réception de la réponse du Consul de France à Bordeaux (Réf : A/PLIC/06/2005/684//), à propos de ma demande de nationalité algérienne en date du 18 février 2006. Je comprends tout à fait qu’en dehors de dispositions législatives spécifiques il ne soit pas possible de donner une suite favorable à ma demande. Dans le même temps, outre la très grande frustration que ce refus suscite, je regrette que le cas dans lequel je suis n’ait pas été envisagé par la législation algérienne. Pour rappel, je vous précise à nouveau les termes de ma première demande, en date du 23 novembre 2004 : « Passé 57 ans, j’ai pris la décision de demander la nationalité algérienne, car je considère que ma terre natale est mon Pays et qu’à l’époque où j’ai été expatrié, je n’avais pas le choix et, les années passant, il me semble temps de mettre fin à une situation que je n’ai jamais souhaitée et que je ne supporte plus… Avant de terminer ma vie, je voudrais inscrire ce symbole, afin que mes enfants et petits enfants se souviennent que c’est la fraternité qui fait la richesse des hommes et des femmes qui vivent sur cette Terre. » En fait, je demandais une sorte d’effet rétroactif. Je me permets d’attirer votre attention sur ce type de demande, afin peut-être de favoriser l’émergence future d’un nouvel article au code de la Nationalité, dans le cas d’une révision future. Sans doute n’êtes-vous pas assailli de demandes de ce type et pourtant, dans le contexte actuel difficile des relations entre la France et l’Algérie. Dans la perspective d’une réconciliation des peuples des deux rives, dans le cadre d’une Histoire commune enfin reconstruite et assumée pleinement, ce type de décision pèserait vraiment en faveur d’une Algérie moderne, libre et reconnue comme une grande nation du Maghreb, partenaire incontournable de la France et de la communauté européenne. Je ne doute pas que ces éléments de réflexions entreront un jour en jeu et favoriseront un aménagement du code de la nationalité. Pour lheure, je continue d’espérer pouvoir acquérir la nationalité de mon pays de naissance. Selon l’article 10 du code de la nationalité, l’alinéa 1 précise « D’avoir sa résidence en Algérie depuis 7 ans au moins au jour de la demande. », l’alinéa 2 stipule « D’avoir sa résidence en Algérie au moment de la signature du décret accordant la naturalisation ». Je vous demande donc comment, dans le cadre légal actuel, il m’est possible de satisfaire à ces deux conditions, étant donné que les visas touristiques sont accordés pour un mois et que le mieux que je puisse espérer est un visa culturel d’une durée maximale de trois mois. En effet, je suis près à résider en Algérie, dès lors que je n’aurai plus à veiller sur mes parents âgés et malades (mon papa a 82 ans et ma maman 78 ans). Mon âge actuel, 58 ans, me permet d’espérer avoir le temps de remplir les conditions. La seule possibilité que je peux imaginer est la carte de résident renouvelable tous les deux ans. Pouvez-vous me renvoyer aux textes législatifs qui régissent ce cas et me préciser les formalités à accomplir pour l’obtenir ainsi que les conditions d’obtention ?
Dans l’attente de votre réponse, que j’espère prochaine, soyez assuré, Monsieur le Ministre, de l’expression de mes sentiments respectueux et de mon attachement indéfectible en l’Algérie."
Le 14 décembre 2007, comme je n'avais aucune nouvelle, je décidais de relancer les choses :
"Par courrier du 8 juillet 2006, j’accusais bonne réception de la réponse du Consul de France à Bordeaux (Réf : A/PLIC/06/2005/684//), à propos de ma demande de nationalité algérienne en date du 18 février 2006. A ce jour, je n’ai aucune réponse. Aussi je me permets de revenir vers vous.
Je continue d’espérer pouvoir acquérir la nationalité de mon pays de naissance. Selon l’article 10 du code de la nationalité, l’alinéa 1 précise « D’avoir sa résidence en Algérie depuis 7 ans au moins au jour de la demande. », l’alinéa 2 stipule « D’avoir sa résidence en Algérie au moment de la signature du décret accordant la naturalisation ».
Je vos demande à nouveau, comment, dans le cadre légal actuel, il m’est possible de satisfaire à ces deux conditions, étant donné que les visas touristiques sont accordés pour un mois et que le mieux que je puisse espérer est un visa culturel d’une durée maximale de trois mois. En effet, je suis près à résider en Algérie, dès lors que je n’aurai plus à veiller sur mes parents âgés et malades (mon papa a 83 ans et ma maman 80 ans). Mon âge actuel, 58 ans, me permet d’espérer avoir le temps de remplir les conditions.
La seule possibilité que je peux imaginer est la carte de résident renouvelable tous les deux ans. Pouvez-vous me renvoyer aux textes législatifs qui régissent ce cas et me préciser les formalités à accomplir pour l’obtenir ainsi que les conditions d’obtention ?
Dans l’attente de votre réponse, que j’espère prochaine, soyez assuré, Monsieur le Ministre, de l’expression de mes sentiments respectueux et de mon attachement indéfectible en l’Algérie."
Cette fois, la réponse m'est parvenue assez vite du Consulat de Bordeaux (30 janvier 2008) :
"Suite à votre lettre du 14.12.2007 relative à la procédure d'obtention de carte de résidence en Algérie, j'ai l'honneur de vous informer que seuls les services des étrangers près des wilayas sont habilités à recevoir les dossier déposés par les étrangers se trouvant sur le territoire Algérien et désireux de s'y installer régulièrement.
Veuillez agréer...
Signé du Vice Consul."
 
Le seul progrès, c'est que l'on m'indique qui est compétent pour traiter des cartes de résident. Par contre, aucune réponse par rapport au fait qu'il est difficile de vivre sur le sol algérien avec un visa qui ne peut excéder trois mois !
Il ne me reste plus qu'à prendre à nouveau mon clavier et à correspondre avec la wilaya de Constantine. Qu'est-ce que cela va me réserver... Mektoub, comme on dit chez nous !
 
Au moment où des milliers d’Algériens de souche usent de tous les stratagèmes pour acquérir la nationalité française, Jean Michel Pascal rame à contre courant. Depuis plus de huit ans qu’il remue ciel et terre pour obtenir la nationalité de son pays natal, l’Algérie. Voilà de quoi laisser perplexes ceux qui tournent le dos au pays de Massinissa. Certains mauvais esprits n’hésiteraient pas à douter des intentions de ce Constantinois qui a du mal à s’arracher à la nostalgie des vieux quartiers de la cité du rocher. Jean Michel Pascal –il aime se faire appeler Yahia -n’à absolument aucun intérêt ni visée derrière sa quête pour obtenir la nationalité algérienne.  Il est algérien de naissance et de cœur. Il veut l’être, aussi, sur papier. Explications :
 
 
Depuis quand as-tu entamé les démarches pour acquérir la nationalité algérienne ?
Mon aventure commence le 23 novembre 2004, après mon séjour du mois de mai. Je m'adressais alors au ministre de la justice algérienne et à l'ambassadeur d'Algérie à Paris. Depuis mes démarches se succèdent et les réponses reçues après bien des mois ne me permettent toujours pas d’entamer un processus me permettant d’espérer obtenir la nationalité Algérienne. Pour mémoire : Le 18 février 2006, je m'adressais à nouveaux aux mêmes personnalités, faute de réponse.  Le 8 juillet 2006, je reprenais ma plume et m'adressais encore à mes deux interlocuteurs, après avoir reçu une très brève lettre me renvoyant aux articles du code de la nationalité, Le 14 décembre 2007, comme je n'avais aucune nouvelle, je décidais de relancer les choses. Là, j’ai eu rapidement une réponse du Consulat de Bordeaux qui m’informait que les services étrangers auprès des Wilayas sont compétents pour traiter des cartes de résidents, Le 4 avril 2009, je décidais de m’adresser au Président de la République Algérienne, dans une lettre ouverte publiée sur mon blog(1): et que je vais envoyer aux grands quotidiens algériens en espérant qu’ils se feront l’écho de mon histoire.
 
Pourquoi te donner tout ce mal pour acquérir la nationalité algérienne à un moment où beaucoup d’autres l’abandonnent et courent pour obtenir la nationalité française ou britannique ou canadienne ?
Passé 57 ans, j’ai pris la décision de demander la nationalité algérienne, car je considère que ma terre natale est mon Pays et qu’à l’époque où j’ai été expatrié je n’avais pas le choix et, les années passant, il me semble temps de mettre fin à une situation que je n’ai jamais souhaitée et que je ne supporte plus. Avant de terminer ma vie, je voudrais inscrire ce symbole, afin que mes enfants et petits enfants se souviennent que c’est la fraternité qui fait la richesse des hommes et des femmes qui vivent sur cette Terre. De mon point de vue, l’Algérie doit reconnaître le droit du sol tout autant que celui du sang. Je n’ai jamais décidé de quitter mon beau Pays en 1962. Je n’ai fait que suivre mes parents puisque je n’avais que quatorze ans. Pourquoi, aujourd’hui, alors que je suis majeur, en situation de choisir en responsabilité la nationalité algérienne, je ne le peux pas ? J’ajoute que dans la situation de tension entre la France et l’Algérie, il serait temps que des cas comme le mien soit soumis au débat et constitue un symbole de l’Algérie nouvelle, celle qui va de l’avant, ignore les barrières, reconnaît tous ses enfants en leur accordant s’ils le souhaitent le droit du sol. Quel beau symbole ce serait ! Quelle victoire sur l’obscurantisme ! Quelle belle mesure de justice pour des personnes comme moi qui sont des ALGERIENS-FRANÇAIS. Je note d’ailleurs que d’autres personnes que moi mènent le même combat et ont constitué un mouvement, « D’Algérie Djazaïr »(2), qui revendique exactement la même chose, à savoir le droit du sol. Certes, cette démarche peut interroger quand d’autres qui sont sur cette terre algérienne se tournent vers d’autres cieux. En fait, les conditions ne sont pas les mêmes : je suis un exilé forcé et eux sont dans leur pays. Je n’ai pas le même vécu de ce qui se passe en Algérie et je n’ai aucun moyen d’intervenir dans la vie citoyenne de mon pays. Mon expérience de lutte politique et idéologique me porte naturellement à cette démarche, plutôt que de fuir les conditions qui sont celles de la vie algérienne. Ceci dit, il est vrai que je n’ai pas vécu la décennie noire, les déceptions multiples face à l’abandon des politiques algériens. Mais chaque fois que je vais au pays, j’ai de longues conversations avec ceux qui croient toujours trouver l’Eldorado, notamment en France, pour les convaincre que c’est dans leur pays qu’ils pourront agir pour que ça change vraiment. Je crois profondément à l’idée que c’est le peuple qui doit faire la politique d’un pays. C’est à lui d’agir en premier et pour le faire, il faut être à l’intérieur.
 
Tu te sens bien algérien de cœur avant de l’être par les papiers, n’est-ce pas ?
Oui, je viens de le dire, le droit du sol est essentiel. Nous savons tous que l’appel des racines est quelque chose qui nous dépasse et que sans ce passé assumé, il est difficile de se construire un avenir. Je serai toujours un Algérien-Français, même si je devais échouer dans l’aboutissement de ma demande. Personne ne peut empêcher quiconque de se sentir d’abord ressortissant de son pays de naissance. Obtenir les papiers aurait pour avantage de me faciliter la vie pour me rendre dans mon pays, mais surtout aurait une valeur symbolique formidable et laisserait espérer qu’un jour, une mémoire commune pourrait être écrite entre la France et l’Algérie.
 
Tu es déjà retourné à Constantine. Comment l’as-tu retrouvée. Peux-tu nous décrire l’émotion des retrouvailles avec tes amis d’enfance ?
Oui, j’y suis retourné trois fois, dans des conditions différentes. Mon premier retour date de l’été 1984. J’y suis retourné avec ma famille et j’ai bénéficié du fait qu’un ami algérien allait dans sa famille à Bouzaréah. J’ai donc partagé mon séjour entre Alger, Tipasa et Constantine. J’en suis revenu très frustré, car je n’avais pas passé assez de temps dans ma ville natale, Constantine et que le fait de ne pas être seul m’avait empêché de retrouver des lieux, des moments qui n’appartiennent qu’à moi. J’ai par contre eu l’immense joie de retrouver un ami d’enfance qui habitait la maison faisant face à la mienne. Les retrouvailles furent très émouvantes et resteront gravées à jamais dans ma mémoire. Ces circonstances ont déclenché un véritable cataclysme en moi, tellement j’étais bouleversé. Ces sentiments très forts m’ont marqué profondément. L’accueil a été formidable et ça me faisait chaud au cœur , d’autant que tout le monde me disait qu’il fallait que je reste vivre dans ce pays, dans cette ville qui étaient miens. Ces moments essentiels, j’ai pu les revivre en mai 2004, pendant un mois entier passé dans ma bonne ville de Cirta. C’est au cours de ce séjour que j’ai pu enfin me mettre au clair avec mon passé et me situer résolument dans l’Algérie d’aujourd’hui et de demain. Ce séjour a été aussi pour moi l’occasion de faciliter le premier retour d’un ami d’enfance qui, habitait en face de ma maison natale, rue El Qods. A l’occasion de ce séjour, je me suis constitué un formidable réseau d’amis et j’ai pu faire connaître une toute jeune association, ADCHA (Association des Amis De Constantine d’Hier et d’Aujourd’hui3), dont le but et d’établir des relations culturelles et humaines entre les deux rives. L’année suivante, je passais à nouveau le mois de mai à Constantine et j’ai pu accompagner un groupe d’une vingtaine de personnes, toutes membres de mon association qui effectuait son premier retour, durant une semaine. C’est une bien belle expérience puisque j’ai pu vivre de l’extérieur les émotions très fortes que j’avais connues en 1984. J’ai retrouvé mes amis et j’en ai connu d’autres, le réseau s’est agrandi et ma résolution d’obtenir la nationalité Algérienne s’est renforcée. J’ai profité de ce séjour pour accompagner ma sœur qui faisait là son premier retour avec le groupe des adhérents d’ADCHA. J’ai pu aussi retrouver Najia Abeer, une amie écrivaine trop tôt disparue, à Rouiba où j’ai séjourné quelques jours. Tout au long de ces séjours, les marques de sympathie n’ont pas marqué. Combien de fois dans la rue, des inconnus m’ont souhaité la«  bienvenue chez toi » ! Je n’arrivais pas à avoir un moment à moi, tellement les invitations étaient nombreuses et j’étais impressionné par la disponibilité que se donnaient mes amis pour être tout au long de mon séjour, véritablement à ma disposition quelles que soient les circonstances. Cette hospitalité est vraiment un trésor et nous incite à réfléchir à notre attitude en France.
 
Un dernier mot pour clore cet entretien.
Je ne peux pas terminer cet entretien sans évoquer ma tristesse de ne pas avoir pu continuer mes séjours à Constantine depuis 4 ans. Les circonstances de la vie m’ont empêché de mettre à exécution ma ferme résolution de passer un mois tous les ans dans ma ville natale. 2010 sera j’espère l’année d’un quatrième retour et j’attends le mois de mai avec beaucoup d’impatience. En attendant, je me nourris de littérature algérienne et j’ai beaucoup à faire pour étancher ma soif. C’est ma façon d’y être un peu et de continuer mon combat pour obtenir la nationalité Algérienne. L’écriture m’aide aussi à poursuivre mon objectif et je ne doute pas d’y parvenir un jour.
Entretien réalisé par
 Hichem Khoussafi
 
Lettre au président Abdelaziz Bouteflika
 
Monsieur le Président,
Par courrier du 8 juillet 2006, j’accusais bonne réception de la réponse du Consul de France à Bordeaux (Réf : A/PLIC/06/2005/684//), à propos de ma demande de nationalité algérienne en date du 18 février 2006. A ce jour, je n’ai aucune réponse. Aussi je me permets de revenir vers vous.
Je continue d’espérer pouvoir acquérir la nationalité de mon pays de naissance. Selon l’article 10 du code de la nationalité, l’alinéa 1 précise « D’avoir sa résidence en Algérie depuis 7 ans au moins au jour de la demande. », l’alinéa 2 stipule « D’avoir sa résidence en Algérie au moment de la signature du décret accordant la naturalisation ».J’ai bien compris que je ne pourrai pas satisfaire à ces conditions, dans des circonstances légales.
Je suis né le 25 juin 1948 à Constantine et j’ai quitté ma terre natale en Août 1962. Depuis, j’ai effectué 4 séjours en Algérie. Le premier en 1984, à Alger et Constantine, le second tout le mois de mai 2004 à Constantine puis mai 2005, à Constantine toujours, avec un groupe de « premier retour » que j’encadrai dans un cadre associatif et enfin, très récemment, 3 semaines en septembre 2011 à Constantine.
Passé 57 ans, j’ai pris la décision de demander la nationalité algérienne, car je considère que ma terre natale est mon Pays et qu’à l’époque où j’ai été expatrié je n’avais pas le choix et, les années passant, il me semble temps de mettre fin à une situation que je n’ai jamais souhaitée et que je ne supporte plus.
À la retraite depuis septembre 2003, je peux à présent me rapprocher plus encore de mon pays et de ma ville, Constantine, je peux enfin venir plus souvent partager la vie de mes frères Algériens.
Avant de terminer ma vie, je voudrais inscrire ce symbole, afin que mes enfants et petits enfants se souviennent que c’est la fraternité qui fait la richesse des hommes et des femmes qui vivent sur cette Terre.
Les non réponses que j’enregistre depuis plusieurs années m’amènent à vous questionner sur la volonté réelle de l’Algérie pour que ses enfants puissent en toute liberté choisir la nationalité afférente à leur sol natal. 
L’Algérie doit reconnaître le droit du sol tout autant que celui du sang. Je n’ai jamais décidé de quitter mon beau Pays en 1962. Je n’ai fait que suivre mes parents puisque je n’avais que quatorze ans
. Pourquoi, aujourd’hui, alors que je suis majeur, en situation de choisir en responsabilité la nationalité Algérienne, je ne le peux pas ?
Dans la situation de tension entre la France et l’Algérie, ne serait-il pas temps que des cas comme le mien soient soumis au débat et constitue un symbole de l’Algérie nouvelle, celle qui va de l’avant, ignore les barrières, reconnaît tous ses enfants en leur accordant s’ils le souhaitent le droit du sol. Quel beau symbole ce serait ! Quelle victoire sur l’obscurantisme ! Quelle belle mesure de justice pour des personnes comme moi qui sont des ALGERIENS-FRANÇAIS.
Monsieur le Président, vous avez le devoir, devant l’Histoire de mener les réformes qui découlent de ces réflexions. Nous, les exilés involontaires, nous saurons aider notre pays, aux côtés de nos frères musulmans
Monsieur le Président, alors que l’Algérie fête à juste titre les 50 ans de son indépendance courageusement et chèrement acquise, ne pensez-vous pas que l’occasion est belle de faire un geste fort, symbolique et oh combien important pour nous, les derniers témoins de cette période qui a laissé tant de blessures des deux côtés ? Nous sommes bien les derniers à pouvoir écrire avec nos frères Algériens, une nouvelle page de cette Algérie nouvelle que nous appelons de nos vœux.
Monsieur le Président, saisissez cette opportunité et vous grandirez l’Algérie et son Peuple.
Monsieur le Président, il est temps d’écrire l’Histoire de notre Pays, l’Algérie, d’une façon dépassionnée, avec la contribution des communautés et des peuples de nos deux pays, dont les historiens des deux rives de la Méditerranée qui travaillent ensemble depuis si longtemps.
Monsieur le Président, savez-vous que nous sommes nombreux à revendiquer cette nationalité Algérienne ? 
Vous trouverez ci-joint le texte des membres fondateurs du sitehttp://dalgerie-djezair.viabloga.com, auquel ont souscrit de très nombreux Algériens Français. J’espère qu’il aidera à forger votre conviction.
Monsieur le Président, savez-vous qu’il existe depuis 2008 une association des « Pieds Noirs Progressistes » (http://www.anpnpa.org/) ? Prenez connaissance de ses buts, de ses motivations. N’y trouvez-vous pas une richesse, une chance pour l’Algérie ?
C’est avec volontarisme, justice et raison qu’il sera possible de nous éloigner des spectres de la guerre qui a mis trop longtemps à dire son nom. Construisons cette Algérie ensemble, à égalité de droits et de devoirs.tz-moi d’insister pour vous dire combien mon questionnement n’a pas varié et surtout combien ma motivation de devenir citoyen Algérien s’est renforcée, avec plus de force encore à l’occasion des derniers évènements.
Dans l’attente de votre réponse, que j’espère prochaine, cette fois, soyez assuré, Monsieur le Président, de l’expression de mes sentiments respectueux et de mon attachement indéfectible en l’Algérie.

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